Le 1er réflexe post défilé : sortir son portable et appeler. En général un taxi ou un chauffeur personnel pour filer au défilé suivant.
Pourquoi ? Parce que les défilés s’enchaînent toutes les heures et que vous n’avez en général que 20 à 30 minutes de battement. Alors si en plus vous oubliez le numéro du chauffeur…
J’entends un ricanement familier. Je me retourne et… mes amis japonais sont déjà à l’oeuvre. 1er groupe.
2ème groupe. Efficaces et méticuleux comme d’habitude.
Si vous avez du style, vous ne serez pas photographiées mais carrément auscultées !
Et si ce n’est pas par eux , ne vous inquiétez pas, sans que vous le sachiez, d’autres s’en occuperont…
Ha oui, la marque. La fashion week c’est pas Prison Break. Ici, pas d’échappatoire possible.
Je repère mon fameux photographe à queue de cheval. Il n’aime pas mes commentaires car il trouve que je dénigre les photographes. Je ne trouve pas. Dans un roman photos trés explicite intitulé « Vautour ! » on découvre des photographes se ruer vers une mannequin anorexique, la bombarder de photos puis la quitter sans la remercier.
Je trouve donc le titre approprié d’autant plus que moi aussi je me considère comme un vautour de la photographie. Mais qui dit merci. Ou »thank you very much ». Ou avec taquinerie : « wonderful ! You are wonderful « . Juste avant cette photo, je vois « queue de cheval » se placer sur la trajectoire des demoiselles. Il a repéré sa proie. Je cours derrière lui et essaie de les cadrer eux deux. Je marche à reculons. Pas facile de faire la mise point. J’attends le bon moment pour appuyer… Elle lève les yeux : CLIC !
Dans la folie du moment je n’ai pas le temps de vérifier mes photos. Celle-ci, c’est une fois téléchargée sur mon ordi que je me rends compte du « regard » qu’elle lance. Et pour moi, ce regard veut tout dire, surtout qu’il me rappelait quelque chose… Je fouille dans mes archives de fashion week d’octobre et devinez ce que je retrouve ? Le même regard !
Pour Kate Lanphear, Senior Style editor chez Elle USA, pas de demi mesure : « J’ai pas le temps ! ». La journaliste japonaise a beau tenter une approche souriante, Kate n’a pas le temps. La seule solution : shooter tout ce qu’on peut.
Habituellement trés disponible, comme au défilé Christian Dior d’octobre…
Elle semble préoccupée, concentrée et moi transparent : tant mieux. Préserver la vraie vie et vous la montrer brut de décoffrage, c’est ce que j’aime. Les émotions sont plus fortes lorsqu’elles sont vraies.
Si c’est ma ligne éditoriale, d’autres ont des impératifs quantitatifs. Je suprends mon autre « ami » en pleine tentative d’abordage. Mais que peut faire une petite main pour barrer la route d’une femme déterminée qui a une tête de plus ?
Ce qui est drôle avec lui, c’est que des fois, j’ai l’impression qu’il est un Terminator du style, sans états d’âme comme vous pouvez le voir au défilé Vivienne Westwood d’octobre : « Qu’importe le sourire du moment que j’ai ma photo ! »
Pour cette fashion week de février, je n’ai jamais vu autant de photographes de street style. Hallucinant.
Même à 425 ans, Bill Kuningham, du Hérald Tribune était de la partie.
Discret mais non moins efficace, je vois Scott Schuman, (The Sartorialist) scaner l’horizon pour trouver de quoi nourrir sa rubrique dans style.com. Lui aussi est à l’image des photos qu’il prend : chic et élégant avec la pochette qui fait la différence. Question : à quoi sert la pochette ? Est-ce qu’on a le droit de se moucher avec ?
ATTENTIONNNNN… Il arme son appareil… Qui va-t-il prendre en photo ?… Je sens une présence derrière moi…
CLIC CLAC !
L’affaire est dans le sac, ni vu ni connu que j’t'embrouille…
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ah oui et la fille que tu prends pour une redac mode, n »est autre que marina hands!
Mon cher Kamel tu nous l’a apporté le soleil avec tes articles et photos…!!
merci
hello !!!
je lis mon petit roman photo du soir lol et c’est plaisant c’est plein de vie et de naturel cool pour une fois!!!!
bonne nuit moi je vais dodo maintenant