Coaching : tout n’est que perception (par mon ami Michaël Boulanger)
En faisant mon jogging un matin dans le parc à côté de chez moi, je découvre un adolescent, peut-être 17 ans, en pleurs sur un banc, il est seul, recroquevillé sur lui-même. Je ne peux m’empêcher de penser que lui parler un peu, pourra, tout du moins un moment, le sortir de son état. Le sac bien rempli à ses pieds m’indique qu’il est soit sur le chemin de l’école, soit à côté.
M/ je peux vous aider ?
Il lève les yeux, me fixe un long moment, il s’interroge.
A/ Contre la mort ? Vous êtes magicien ?
M/ Contre la mort on ne peut rien, par contre sur l’image que l’on s’en fait oui.
A/ (Un peu offensif) L’image que l’on s’en fait ? Vas-y !
M/ Ok on se tutoie ?
A/ Oui … je t’écoute (il commence à se détendre …)
M/ Quelque soit le problème dans la vie, tout n’est que perception. Un problème chez toi ne va pas en être un chez moi, et vice versa.
A/ Ce qui veut dire ?
M/ Qu’un évènement n’a de sens que celui qu’on lui donne. Il y a autant de réalité que de cerveaux humains.
A/ Quel rapport avec la mort ?
M/ Dans notre culture la mort est associée à la douleur et à un travail de deuil que l’on doit faire. Alors que dans certains pays, on célèbre la mort par la danse pendant plusieurs jours… Qui a raison ?
A/ (Silence) C’est n’importe quoi d’agir comme ça !!!
M/ Pour qui, nous ou ceux qui ont une culture différente ?
A/ Comment tu gères toi ?
M/ Je ne sais pas si on peut appeler ça gérer, mais j’ai pris conscience que nous aimons des êtres mortels. La mort est un principe de vie, et je n’ai pas d’action dessus, alors j’accepte la règle. La peine est naturelle. Cependant, depuis notre enfance, nous avons modélisé notre comportement sur celui des autres. Que ce soit pour les bonnes ou mauvaises surprises, nous avons appris à notre cerveau à donner un sens aux choses avant même qu’elles ne nous arrivent.
A/ T’as déjà perdu quelqu’un ou plusieurs proches ?
M/ Je ne les ai pas « perdus » puisque je sais ce qu’il leur est arrivé (je lui souris, il en fait de même). Surveille la manière dont tu parles de la mort (perdu) ou de tout autre sujet. Car chaque mot possède une charge émotive et nous donne une représentation (perception) de ce que l’on va être amené à vivre.
A/ Ben moi je dis que mon grand-père est mort et je ne vois rien d’autre à dire !
M/ Vraiment ? Qu’est-ce que tu pourrais dire d’autre qui te soit plus facile ?
A/ Je n’en sais rien (il passe une main dans ses cheveux) …Qu’il est autre part ? Je ne suis pas croyant tu sais.
M/ Quelle importance ? Une nouvelle expression peut te permettre de sentir de nouvelles choses.
A/ Alors il est autre part, disons qu’il s’est endormi (son visage change)
M/ Qu’est-ce que tu ressens ?
A/ C’est différent, ma peine semble plus légère… d’accord (il réfléchit, ses yeux fixent le sol) à partir de maintenant il est autre part.
M/ Très bien. Est-ce qu’avant d’être autre part il t’a enseigné des choses ?
A/ Beaucoup
M/ Et de quelle manière te reviennent ces choses ?
A/ J’ai sa voix et son image dans ma tête.
M/ (Je ne perds pas une seconde pour renforcer ce qu’il vient de me dire) Où est ton grand-père déjà ?
Il commence à comprendre là où je souhaite l’emmener…
A/ (il sourit en tapotant sa tête puis son cœur) Autre part … merci.
Nous sommes tous différents devant un même évènement. Il est intéressant de s’écouter parler de ce qu’on vit. En rebaptisant un évènement, on peut parfois en changer le sens.
Vous serait-il possible de choisir vos propres mots « adoucisseurs » pour soulager vos peines ?
Merci d’avoir partagé cet instant et au plaisir de vous lire.
Michaël Boulanger , coach en développement personnel.
Me contacter : kiseme@orange.fr
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04/15/2008 at 13:06
très vrai
04/15/2008 at 15:54
Quand la mort des autres survient, on pleure l’absence qui arrive. Quand c’est la notre qui se pointe, on pleure la présence que nous n’aurons plus.
04/15/2008 at 18:54
Génial!
quelle bonté d’avoir put reconforter ce jeune homme!
J’aurai aimé qu’on me dise cela au sujet de mon grand père quand il est décédé…
04/15/2008 at 22:34
C’est tellement vrai et tellement touchant. J’ai beaucoup aimé lire ce texte, magnifique. C’est vraiment génial d’avoir pu soutenir ce jeune hommme, tout en douceur et finesse.
04/16/2008 at 1:32
perso je pense comme ça aussi j’adoucis tout pour rendre le vie plus facile………..sinon on devient fou….et on arrête de vivre. Hors la vie ne nous attend pas ……
enfin…………..je trouve que c’est bien d’aider les autres quand ils l’acceptent……
Bonne nuit Kamel
04/16/2008 at 10:30
En plus d’être talentueux, tu es altruiste. Mais où s’arrêtent tes qualités Kamel ?
04/17/2008 at 19:20
un peu de philosophie ca ne fait jamais de mal !! on devrait en avoir plus meme
04/18/2008 at 15:24
C’est tellement beau et tellement vrai .
C’est fou comme la mort d’un de nos proches peut noircir en l’espace de quelques jorus notre quotidiens mais il faut savoir les autres points de vue sur la morte des differentes cultures …
Quel courage de parler à ce gamin de mon âge avec des mots pleisn de vérité et sincerité .
Il y a 1 an si quelques m’aurait parlé de cette facon j’aurai pu prendre mon deuil d’une autre façon ..plus douce et pleine d’espoir !
Merci .
04/19/2008 at 14:27
Encore une fois merci pour vos commentaires, votre attention me touche particulièrement.
Si il n’y a pas de pire adversaire que soit même, il n’existe pas non plus de meilleur allié…
04/19/2008 at 15:36
Bravo pour ces belles paroles réalistes. C’est toujours un plaisir de lire les histoires de Michaël, elles nous font toujours réfléchir…