NAISSANCE du projet
par Kamel Lahmadi
Directeur Artistique
—————————————– PROLOGUE —————————————-
15 déc. 2006, 16h15 : direction d’un des magazines du 1er groupe mondial de presse.
“J’arrête !”
Comme vous avez pu le lire ici et là, la presse française traverse une période difficile du fait de la presse gratuite, de l’avènement de l’internet et des blogs.
Moi j’ai vécu cela de l’intérieur pendant 8 mois. Et croyez-moi, vous n’avez pas idée de ce qui se passe derrière les magazines que vous achetez tranquillement en kiosque.
Recruté à l’origine pour développer le site web du magazine, je me suis heurté à une direction archaïque, à un management immobiliste et à des journalistes dont la plus grande intelligence était de ne pas prendre d’initiatives ni de contrarier le directeur du magazine.
Moi qui avais pour bagages près de 150 reportages télé (En Juin ça sera Bien avec Gaël Leforestier, tous les mercredis en direct), moi qui ai crée/produit seul les plus belles soirées d’humour à Paris (800 personnes par soir au Festival Courts & Drôles + le Stand up Club), je fis la grande erreur de réaliser pour ce magazine 2 fois plus de reportages en 2 fois moins de temps et surtout de bien meilleur qualité que tous ses journalistes réunis. A laquelle s’ajoute ma momumentale erreur d’avoir voulu simplement conseiller l’un d’entre eux sur son montage vidéo… Apparement je n’aurais jamais dû, vu le lynchage dont je fus victime durant 1 an…. La redactrice en chef et le directeur du magazine étaient au courant… Mais ils ont préféré ne rien faire.
Bienvenu dans le monde de la presse ! Et si vous connaissez des personnes qui travaillent dans le secteur de la presse feminine et people, il y a fort à parier, qu’elles vous décriront un univers proche du mien.
Abandonné à 80 km de Paris par mes “collègues” repartis avec l’unique voiture de location, abandonné par une direction qui ferme encore les yeux, j’ai fini par démissionner. Heureux. Car qui ne trahit pas ses valeurs, maîtrise son destin. La Vie est une suite de cycles, bons ou mauvais. Quand vous êtes dans un mauvais cycle, revenez à ce qui fait ce que vous êtes, revenez à vos valeurs profondes et vous verrez que la Vie finit toujours par faire se rencontrer ceux qui sont destinés à se rencontrer.
—————————————— EPISODE I—————————————
Mardi, 20h30 , Café Costes, Paris 8ème- Février 2007
De part mes activités professionnelles, je suis régulièrement amené à rencontrer des personnalités. Ce soir là je dînais avec un grand styliste, dont j’ai promis en créant Style & the City de ne pas dévoiler l’ identité… D’ailleurs, c’est peut-être “elle” !
On parle de nos relations communes, un peu de nos vie privées, du monde, de Sarkozy, de nos univers professionnels… Il me parle de sa prochaine collection, de ses sources d’inspiration, de son succès publique qui le rend heureux mais aussi de la contrefaçon asiatique et européenne qui lui mine le moral… La musique d’ambiance nous berce durant nos moments de silence, la lumière tamisée nous repose les pupilles… On est bien… Je propose de commander les desserts et en feignant l’indifférence en profite pour placer LA question que les journalistes n’oseront jamais poser à créateur de mode : tu ne trouves pas que le style c’est mieux que la mode ?
Il se marre, et en commandant un tiramitsu…
lui : je vais te dire la vérité Kamel, pour moi et pour beaucoup de gens du milieu, la mode c’est pour les moutons, alors qu’avoir du style c’est avoir dela personnalité…
moi : et avoir de la personnalité, c’est exister !
lui (emballé par ma réplique) : exact !
De nos 2h ensemble, c’est cette phrase que je retiens : la mode c’est pour les moutons, alors qu’avoir du style c’est avoir de la personnalité… et son enthousiasme à ma réplique “et avoir de la personnalité c’est exister !”.
—————————————- EPISODE II ————————————–
Vendredi, vers 18h, au kiosque à journaux Paris- Mars 2007
Jamel et moi nous nous connaissons depuis des années. A l’époque en 97, je sélectionnais les candidats pour le jeu “Le juste prix” sur TF1 et lui se produisait au théâtre Trévise, avec ses compères Eric & Ramzi. Je les adorais et allais régulièrement les voir et les soutenir. Je me souviens même d’un épisode où je mangeais un hamburger à la terrasse du Mac Do quand je vois Jamel arriver avec son grand sourire et sa bonne humeur communicative. Jamel : ” Alors Kamel, ils n’ont pas de boulot pour moi à TF1 ?”. Moi : “J’aimerais bien t’aider mais je connais pas tout le monde à TF1.”… Vous vous rendrez compte ! Aujoud’hui c’est Jamel qui me donnerait du travail ! Cette anecdote me fait encore sourire. Jamel mérite le succès qu’il a car il a un talent et un coeur énorme. Il est une source de motivation pour beaucoup, moi le 1er… Mais revenons à nos moutons et au kisoque à journaux.
De part cette affection que j’ai pour Jamel, je ne pus qu’être attiré par le couverture de Paris Match, bien visible sur l’étal du kiosque à journaux. En couverture, Jamel et Mélissa Theuriau, marchant côte à côte, dans la nuit parisienne. Photo d’ensemble de pied à la tête. J’achète le magzine et prends le métro. Mais chose extraordinaire, je ne l’ouvre pas. La couverture m’hypnotise. Tout simplement par ce que je leur trouvais énormément de style. Jamel portait un béret, une veste adidas or à bande noire, un bon jean et des baskets assez design. Mélissa portait une veste en cuir bleue glacée, une grande écharpe au cou qui pendait, une jolie robe bleue satinée et des escarpins noir. Et un bracelet vip au poignet ! lol.
Il n’y avait rien d’extravangant mais la combinaison des différents élements leur donnait encore plus de… de … de style !
Je focalisais sur Jamel. De même taille, physique similaire, je pouvais aisément m’identifier à lui dans cette tenue. Je savais immédiatement quelle image je renverrais aux autres si je marchais dans la rue ainsi vêtu : j’aurais du style !!! Et je me suis senti bien, confiant, sûr de moi. Je ne me sentais plus l’obligation de mesurer 1m87 et d’être “beau gosse” pour “assurer”. Je me suis rendu compte que le style me donnait ce pouvoir et cette confiance en soi… Cette photo me rendait doublement service : non seulement cette tenue me montrait une combinaison de vêtements à laquelle je n’aurais jamais pensée (je ne suis pas fan de veste de sport à la base, et pourtant !), mais en plus cette photo me mettait en situation réelle, dans la rue !!. Ce n’était pas une de ces photos que l’on voit dans tous les magazines féminins : une superbe mannequin habillée en marques de luxe prise dans un endroit où vous et moi n’irions jamais. Ou pire encore, une sublime mannequin à laquelle on ne ressemblera jamais qui endosse plusieures tenues et fait semblant de jouer des scènes… On a juste envie de leur dire : “heu.. vous pensez faire gober cela à qui ?”. La couv de Paris Match que je voyais, c’était moi dans la tenue !!… Les éléments de la tenue, pris indépendament les uns des autres n’avaient aucun intérêt pour moi. C’est la combinaison qui m’a séduit. Seul, un joueur ne peut pas grand chose, mais avec les coéquipiers idéaux, la victoire est possible…
RER Vincennes, je fonce chez moi.
Je me précipite sur l’oridinateur et passe ma nuit devant. Je surf, je lis, je surf, j’analyse, je prends des notes, je garde des sites en favoris… et je tombe sur (http://thesartorialist.blogspot.com). le blog de Scott Schuman, alias the Sartorialist, photographe à New York. Et là je découvre une multitude de personnes prises en photo dans les rues de New York avec comme point commun : elles ont du style !! Je jonglais d’une photo à lautre, d’une page à l’autre… J’étais subjugué. Les personnes n’étaient pas forcément belles physiquement, mais elles dégagaient de la beauté, de la confiance et de la sérénité en elles. De nombreux styles me donnaient envie des les adopter. Ce n’étaient pas des mannequins, mais des vraies personnes dans un monde réel : le mien. Des personnes en qui j’avais confiance et dans lesquelles je me reconnaissais.
Cette nuit là, la phrase de mon ami styliste n’a jamais été aussi présente en moi : la mode c’est pour les moutons, alors qu’avoir du style c’est avoir de la personanlité ! Et avoir de la personnalité, c’est exister…
———————————– EPISODE III & FIN ———————————
Vendredi, 20h30, une grande agence de pub à Paris- Avril 2007
Régulièrement, cette grande agence de pub organise des réunions professionnelles pour débattre de sujets aussi variés que l’avenir de la presse, la pub sur le web, sur les mobiles, le web 2.0… Ce soir là une centaine de professionnels… On parle des blogs et du désir des marques des les envahir sans se faire rejetter en bloc.
L’intervenant : “Les marques ont toujours privilégié la recherche de visibilité de masse en s’incrustant partout où il y a de l’audience plutôt que de la communication ciblée. Télé, presse, radio, affichage, boîtes aux lettres, sites webs et maintenant blogs : des pubs, des affiches, des bandeaux… On fonce dans le tas et dans la masse il y en a bien qui finiront par acheter nos produits…”
Les publicitaires présents se marrent tellement notre intervenant a raison… Mon jeune voisin, un jeune pubeux costard-cravaté en profite pour me confier le fond de sa pensée.
Lui : le jour où les marques comprendront qu’elles doivent écouter le public, respecter ses choix et lui rendre véritablement service, ce jour là, elles auront gagné.
Moi : sauf que les médias ne leur proposent que de l’occupation à outrance de leur espace visuel.
Lui : ça leur rapporte tellement aussi… Le média qui permettra au public de s’exprimer librement et aux marques de l’écouter et d’échanger avec lui, et bien ce média là aura tout compris. Il sera respecté et apprécié à la fois par les lecteurs et par les annonceurs.
—————————————- EPILOGUE ————————————–
Durant des semaines, je ne pus m’empêcher de penser à ce qu’il m’avait dit : “le média qui permettra au public de s’exprimer librement et aux marques de l’écouter et d’échanger avec lui, et bien ce média là aura tout compris. Il sera respecté et apprécié à la fois par les lecteurs et par les annonceurs.”
Ce soir là, en rentrant chez moi, je me remis à penser à ce qui m’était arrivé : depuis ma démission du magazine de presse à cette réunion de pubeux, en passant par mon dîner avec le styliste et à cette couverture de Paris Match avec Jamel et Mélissa. Et si tout cela faisait partie d’un destin auquel j’étais prédestiné ? Et si ma voie n’était pas de rester dans ce groupe de presse mais de rester en harmonie avec mes valeurs en créer CE média ?
L’idée du concept Style and the City commençait à prendre forme dans mon esprit… Et plus j’y réflechissais, plus je paufinais le concept, et plus je paufinais le concept plus je le trouvais génial tant pour les lecteurs, que pour les auteurs que pour les marques.
Pourquoi je croyais autant en moi ? Parce qu’il suffit de se rappeller que les plus grandes innovations n’ont pas été l’oeuvre de grandes entreprises, mais de simples individus au coeur du monde qui les entoure et qui, visionnaires ont senti mieux que les cadres bien payés de ces sociétés les besoins latents de la population : Steve Jobs et Apple et ses Imac, Ipod et Iphone, Bill gates et Microsoft, Dell, Google, Yahoo, Ebay, Amazon, Youtube, Myspace, Facebook, Digg et en France Netvibes et Dailymotion.
Et s’il suffisait tout simplement d’écouter le peuple pour le comprendre, le respecter et lui offrir tout simplement le service et produit qu’il désire ?


Style and the City in english








